Mardi 17 juin 2008

Le Mékong à hauteur d'eau

"Au départ, rien qu'un rêve nourri des lectures de Malraux, esthète, vagabond et maraudeur d'une Asie méconnue. Les langueurs de Duras, son "Barrage sur le Pacifique", se mêlaient alors aux récits des incursions de pillards chinois, de voyages en pirogue, de fumerie d'Opium, de sociétés secrètes, de temple perdus dans la jungle d'Indochine."





" D
epuis plus de neuf ans, Hien Lam Duc renoue dans la grâce avec les souvenirs de son enfance. Après avoir arpenté la planète et mis en images toutes ses détresses et ses combats humanitaires, il est devenu photographe de l'intemporel, bercée par le cours puissant du Mékong, le fleuve légendaire qui l'a vu grandir. Il en a exploré les mille et uns méandres, sur quatre mille deux-cent kilomètres, entre l'Himalaya et le Vietnam, acceptant de se laisser emporter par la fascination et les réminiscences de sa propre histoire.

Car au bord de son fleuve-mère, il a connu les joies de l'enfance, de l'école buissonnière, mais aussi les traversées clandestines, puis la douleur et les camps de réfugiés avant l'exil.

Son œuvre à rebours célèbre la beauté sereine des paysages et la dignité des nombreux peuples du fleuve.

En remontant le cours du Mékong et celui de sa propre histoire, le photographe en exil compose une œuvre inspirée, entre déambulations poétiques et enquête documentaire, avec le fil de l'eau pour seul guide au regard. "




 
Par Les Merveilleux Nuages - Publié dans : De l'or dans les yeux...
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Dimanche 15 juin 2008


 Ce sont des impressions, mais ce n’est pas impressionniste. Ce sont des souvenirs d’émotions, mais ce n’est jamais ni complaisant, ni nostalgique, ni démonstratif. En noir et blanc puis en couleurs, Laurence Leblanc continue à inscrire sur la pellicule des images qui établissent un croisement entre sa vie et l’état du monde. De façon sensible souvent douloureuse.
Alors, de la Somalie à Cuba, du Congo en Sierra Leone, de Madagascar au Brésil, Laurence se laisse aller à partager le quotidien d’autres qu’elle ne connaît pas, hésite entre la proximité et la mise à distance pour dire ses engagements et ses passions pour les autres. Elle prend sans cesse le risque qui anime sa pratique de la photographie : visualiser, ou matérialiser, une forme d’invisible.
Au Cambodge, pour son premier travail, celui qui la fit reconnaître, elle avait réussi à nous bouleverser, en nous donnant à voir ces enfants dans un pays qui reste marqué par la période tragique des khmers rouges. Elle l’a fait avec une finesse et une discrétion remarquables. Au Cambodge, toujours, dans les temples, elle a poursuivi son voyage amoureux en s’attachant aux nonnes, vieilles dames ridées, souvent peu considérées auxquelles ellle dit sa tendresse et sa proximité. C’est avec elles qu’elle a abouti sa couleur. 
Elle l’a développée, de façon bouleversante dans sa traversée d’un monde africain qui n’existe pas ailleurs que dans son propre parcours. Cette “Afrique” dont elle parle avec émotion est une reconstruction géographique liée à ses déplacements. Elle l’a habitée de la vibration des couleurs qui correspondent à ses moments d’accord profond avec les mondes qu’elle aborde.
Et elle est guidée par une phrase de Jack London qui disait : “J’aspire à un temps où l’homme aura une perspective plus haute que son nombril.”
Nous aussi. "

Christian Caujolle 2007


"En commençant son travail sur l'enfance au Cambodge, Laurence Leblanc se pose une question difficile: Comment ces enfants peuvent-ils vivre avec le poids de la mémoire et les traces quotidiennes des massacres?

Elle choisit de se confronter aux gestes de l'enfance, de comprendre et de reconstruire, à travers la photographie, la réalité de ce pays où l'incompréhension du passé, les cauchemars, les traces de l'horreur sont omniprésents.

Laurence Leblanc ne témoigne pas, elle interprète. Les gestes peuvent être joyeux et les jeux des enfants se chargent, dans ses images, de tension et de souffrance. Son récit crée un monde onirique et douloureux habité par de petits fantômes innocents qui semblent vouloir émerger, se libérer d'un cauchemar."

Giovanna Calvenzi 2003 
 

 

« Mon travail sur le monde de l’enfance, et plus précisément sur le développement primaire de l’enfant dans sa relation avec l’espace et avec son corps, a débuté par des images faites à Paris et au Maroc.

Ma vision s’attachait  tout particulièrement aux premières expérimentations de l’enfant avec le monde, avec ses sens, à la recherche de son identité. Quelle est la place du rêve laissée aux enfants d’aujourd’hui pour se connaître face à la vitesse et à la performance ?

Lorsque j’ai décidé de poursuivre mon travail sur le monde de l’enfance au Cambodge, c’était plus fort que moi. Comment vivre, pour tous ces enfants, avec le poids de la mémoire et les traces quotidiennes des massacres ?

Ma rencontre avec ce pays est à la fois inattendue et mystérieuse. C’est un désir qui a grandi au fil du temps et qui a pris forme pas à pas.

Je crois que j’avais été remuée par les photos de Ein, ces portraits étaient les dernières traces de vie avant la mort.

J’ai eu envie de rencontrer les visages du Cambodge d’aujourd’hui.

J’ai toujours voulu toucher à l’imaginaire. Ici, trop souvent des éléments s’opposent entre moi et mon regard. Je préfère m’attacher à l’enfant dans sa plus simple expression avec le désir d’enlever tous les signes extérieurs d’appartenance à un groupe.

Par ailleurs, il me semble plus intéressant d’évoquer l’autre par petites touches que de le définir. C’est pour cela que mes images ne sont pas nettes. Cette forme particulière qui correspond à ma vision, où les visages sont presque inexistants, est peut-être le résultat de mes influences asiatiques. Je ne l’ai pas cherché, à un moment donné il est devenu évident que c’était pour moi la meilleure forme pour exprimer ce que je ressens.

Et puis chacun peut reconstruire ce qu’il ne voit pas et y retrouver sa propre histoire.

Peut-être que je photographie des silences…

Et derrière la solitude où l’enfant est en quête de son identité, je retrouve le mouvement et la vie car,  pour moi l’enfant est intuitivement relié aux autres en tant qu’entité unique en perpétuel renouvellement.

Prendre le temps, y retourner pour essayer de comprendre.

La notion du temps est une donnée essentielle dans mon travail. Je pense qu’on ne donne plus le temps, qu’on ne prend plus le temps de comprendre vraiment. Cela nécessite de ne pas se perdre dans des choses qui n’ont pas d’importance.

Mais c’est aussi une direction de vie aujourd’hui, un engagement au quotidien. C’est une façon de résister, c’est arriver à faire ses propres choix, décider de prendre le temps là où d’autres n’en prennent pas, sans se couper de la société et sans porter de jugements, en restant ouvert sur le monde et sur ce qui se passe.

De retour au Cambodge, près de mes images, il y a ces mots : « Je ne suis pas né, je suis au monde et moi maintenant je demande à naître »  »

Laurence Leblanc
 


Rithy, Chéa, Kim Sour et les autres...




 


































































Les nonnes





















Madagascar


































































Cuba





















Somalie











































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Lundi 26 mai 2008
Jean-Michel Berts

 "L’exposition Portrait de villes se tiendra dans les passages couverts de Bercy Village (Paris XII). À travers quatre grandes villes, Paris, New York, Londres et Venise, Jean-Michel Berts présente des images fortes dégageant une curieuse impression de mystère et d’intemporalité. Prises aux premières lueurs de l’aube ou à la dernière lumière du crépuscule, les photographies de l’artiste révèlent toutes les subtilités et les richesses de ces villes. En mariant la précision la plus fine à ses états d’âme rêveurs, Jean-Michel Berts crée un monde fantastique, sans jamais avoir recours au moindre artifice. 
Durant l’exposition 
Portrait de villes, l’immeuble Lumière, situé 40 avenue des Terroirs de France (Paris XII), présentera dans son atrium 19 photographies monumentales de Jean-Michel Berts."
 

Informations pratiques :

Portrait de villes
Photographies de Jean-Michel Berts
Du 14 mai au 3 septembre 2008
Bercy Village, Paris (12ème)
Entrée libre
 
Par Les Merveilleux Nuages - Publié dans : Faites le détour...
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Dimanche 25 mai 2008
Ricardo Bloch


"Datant de la fin des années 70, la galerie de portraits noir et blanc "Happy days" du photographe mexicain Ricardo Bloch, surprend par son côté surannée. Emprunte à la fois de nostalgie et d’une certaine modernité de la fin des 30 glorieuses, cette série montre l’avènement de la société de consommation et du confort domestique. Au gré de ses rencontres de voisinage, le photographe a su saisir la beauté et la fraîcheur ingénue de l’enfance, le temps des jeux guerriers, des cow-boys et des indiens, des promenades en landaus, des premiers gadins à bicyclettes, des images qui rappelle l’univers de la mythique série TV « Happy days », un feed back des « jours heureux » qui a valeur de témoignage sociologique sur l’Amérique de la fin des années 70 et de l’avènement du tout pavillonnaire, symbole de réussite sociale de la middle class."

Informations pratiques :

Happy days
Photographies de Ricardo Bloch
Du 20 mai au 7 juin 2008
Puis dans le show Room de la galerie jusqu’au 30 juin 2008
School Gallery (Paris 3ème)

Entrée libre

Par Les Merveilleux Nuages - Publié dans : Faites le détour...
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